Les 48 Équipes de la Coupe du Monde 2026 — Fiches et Analyses

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48 nations. Six confédérations. Trois pays hôtes. Un seul champion. La Coupe du Monde 2026 accueille 16 équipes de plus que l’édition 2022, et parmi elles se trouvent des visages familiers — l’Argentine tenante du titre, le Brésil cinq fois champion — et des nouveaux venus qui n’avaient jamais goûté à l’atmosphère d’une phase finale. Le Curaçao, le Cap-Vert, la Jordanie et l’Ouzbékistan fouleront la pelouse d’un Mondial pour la première fois de leur histoire. Haïti aussi, une île caribéenne dont la dernière et unique participation remonte à 1974 en Allemagne de l’Ouest.
En neuf ans d’analyse des sélections nationales, j’ai appris que le classement FIFA est un point de départ, pas une conclusion. La Belgique était première au classement FIFA pendant trois ans consécutifs (2018-2021) sans jamais atteindre une finale de grande compétition. Le Maroc était 22e quand il a atteint les demi-finales en 2022. Le format élargi à 48 équipes de la Coupe du Monde 2026 rend cette dissonance encore plus prononcée : il y aura des chocs de niveau considérables en phase de groupes, mais aussi des outsiders capables de renverser la hiérarchie établie sur un match — et dans un format où les meilleurs troisièmes se qualifient, même un faux pas ne signifie pas l’élimination.
Ce guide des 48 équipes de la Coupe du Monde 2026 est structuré par paliers de compétitivité, pas par confédération ni par groupe alphabétique. C’est une classification qui reflète les cotes du marché, les performances récentes et le potentiel brut — parce qu’au fond, c’est ce qui compte quand vous analysez un match ou préparez un pari.
Les Grands Favoris — Tier 1
Chaque Coupe du Monde a son cercle d’élus — ces équipes que le marché place en dessous de 10.00 en cotes « outright » et dont l’élimination avant les quarts de finale serait considérée comme un séisme. Pour le Mondial 2026, ce cercle comprend cinq nations, et aucune d’entre elles n’a le droit de se sentir invulnérable.
L’Espagne est la favorite des bookmakers avec une cote autour de 5.00. Championne d’Europe en 2024 après une victoire convaincante en finale contre l’Angleterre, la Roja a trouvé sa nouvelle identité. L’ère de la possession stérile est révolue ; sous Luis de la Fuente, l’Espagne joue un football vertical, rapide, porté par la vitesse de Lamine Yamal sur le flanc droit et le génie créatif de Pedri au milieu. Rodri, Ballon d’Or 2024, apporte l’ancrage défensif. Le Groupe H avec l’Uruguay, l’Arabie saoudite et le Cap-Vert est exigeant — l’Uruguay surtout — mais l’Espagne possède la profondeur d’effectif pour gérer la phase de groupes et monter en puissance. Le seul doute concerne la défense centrale, moins imperméable que celle de la génération Piqué-Ramos, et la capacité à absorber la pression d’un Mondial sur 8 matchs potentiels.
L’Angleterre, cotée à 6.50, arrive à ce Mondial 2026 avec la frustration de deux finales d’Euro perdues comme moteur. Jude Bellingham, à 22 ans, est le métronome de cette équipe — un joueur qui combine vision, puissance et intelligence de jeu à un niveau que peu de milieux de terrain ont atteint à son âge. Harry Kane reste le buteur clinique, Bukayo Saka et Phil Foden animent les ailes, et Declan Rice protège la défense. Le Groupe L avec la Croatie est le principal obstacle en phase de poules, mais l’Angleterre a les moyens de finir première. La question est la même qu’à chaque grand tournoi : les Three Lions peuvent-ils franchir le cap mental d’une finale ?
La France, à 7.00, est le joker du marché. L’équipe de Didier Deschamps a cette capacité unique de s’adapter à n’importe quel adversaire — pragmatique quand il le faut, explosive quand l’espace s’ouvre. Kylian Mbappé, meilleur buteur du Mondial 2022 avec 8 buts dont un triplé en finale, sera au centre du dispositif. Le milieu Tchouaméni-Camavinga apporte de l’énergie, et le vivier de jeunes talents (Zaïre-Emery, Barcola) offre des options. Le Groupe I avec le Sénégal, la Norvège et l’Irak est relevé mais gérable. La France est l’équipe que personne ne veut affronter en phase à élimination directe — et c’est peut-être sa plus grande force.
L’Argentine, championne du monde en titre, est cotée entre 8.00 et 9.00 — une position basse qui reflète l’incertitude autour de Lionel Messi. À 39 ans pendant le tournoi, Messi ne sera probablement pas le même joueur qu’en 2022, mais l’Albiceleste a construit un collectif qui ne dépend plus uniquement de son capitaine. Julián Álvarez est le buteur de l’avenir, Enzo Fernández dirige le milieu avec autorité, et la solidité défensive est une marque de fabrique de l’ère Scaloni. Le Groupe J avec l’Algérie, l’Autriche et la Jordanie est le plus accessible du tournoi pour un tête de série. L’Argentine reste dangereuse, et sa cote pourrait baisser si Messi confirme sa participation à plein régime.
Le Brésil complète ce Tier 1 avec une cote autour de 10.00. La Seleção a tourné une page douloureuse après l’élimination en quart de finale en 2022 et une Copa América décevante. Le vivier offensif est pourtant le plus riche du monde : Vinícius Junior, Rodrygo, Endrick, Raphinha. Le Groupe C avec le Maroc et l’Écosse est un piège — le Maroc surtout, qui a éliminé le Portugal et l’Espagne en 2022 — mais le Brésil a l’habitude de ces confrontations à enjeu. L’enjeu pour la Seleção est de retrouver une identité collective, pas seulement une collection de talents individuels.
Les Outsiders Sérieux — Tier 2
Si je devais investir une petite portion de ma bankroll sur un pari à long terme à forte cote pour la Coupe du Monde 2026, c’est dans ce deuxième palier que je chercherais. Ces équipes ne gagneront probablement pas le tournoi, mais elles peuvent atteindre les quarts de finale ou les demi-finales — et leurs cotes, entre 12.00 et 30.00, offrent un rendement intéressant sur ces marchés intermédiaires.
L’Allemagne, cotée à environ 12.00, est l’outsider le plus crédible. La Mannschaft a rajeuni son effectif autour de Florian Wirtz et Jamal Musiala, deux milieux offensifs qui combinent technique et dynamisme. L’Euro 2024 à domicile a montré que cette équipe pouvait rivaliser avec les meilleures — la défaite en quart de finale contre l’Espagne s’est jouée sur un but dans le temps additionnel des prolongations. Le Groupe E avec la Côte d’Ivoire, l’Équateur et le Curaçao est accessible, ce qui permettra à l’Allemagne d’entrer en douceur dans le tournoi. Le facteur clé : la solidité défensive, qui reste le point faible de cette génération.
Le Portugal, à 15.00, est dans une phase de transition délicate. Cristiano Ronaldo, à 41 ans, sera le joueur le plus âgé du Mondial 2026 s’il est sélectionné. Son statut reste un sujet de débat au sein de la fédération — son influence sur le vestiaire est immense, mais ses performances en club ont décliné. Au-delà de Ronaldo, le Portugal dispose de Bernardo Silva, Bruno Fernandes et Rafael Leão, un trident créatif capable de dominer n’importe quel milieu de terrain. Le Groupe K avec la Colombie est compétitif, et le Portugal devra être concentré dès le premier match pour éviter les surprises.
Les Pays-Bas, cotés à 20.00, sont dans un Groupe F ouvert avec le Japon, la Suède et la Tunisie. L’Oranje a la tradition et le talent — Virgil van Dijk en défense, Frenkie de Jong au milieu, Cody Gakpo en attaque — mais manque parfois de la constance nécessaire pour enchaîner sept ou huit matchs de haut niveau. La cote de 20.00 pour le titre est élevée ; la cote pour les quarts de finale, autour de 3.00, est le marché où le rapport risque-rendement est le plus favorable.
La Croatie (40.00) reste un outsider redoutable malgré le vieillissement de sa génération dorée. Luka Modrić, à 40 ans, pourrait disputer son dernier Mondial — et l’histoire a montré que la Croatie joue ses meilleurs tournois quand elle est portée par l’émotion d’une dernière danse. Le Groupe L avec l’Angleterre est un défi, mais la Croatie a l’habitude de se sublimer face aux grandes nations — demi-finaliste en 2018, troisième en 2022.
La Belgique, à 25.00, entre dans ce Mondial 2026 avec une identité en mutation. La génération dorée — De Bruyne, Lukaku, Meunier, Alderweireld — est en fin de cycle, mais Rudi Garcia a intégré des jeunes qui apportent une énergie nouvelle. Jérémy Doku est un dribbleur d’élite, Lois Openda un attaquant prolifique, et les récentes convocations de Mika Godts, Nathan De Cat et Lucas Stassin montrent que le renouvellement est en marche. Le Groupe G avec l’Égypte, l’Iran et la Nouvelle-Zélande est gérable — la Belgique est clairement favorite — mais c’est en phase à élimination directe que la question se posera : cette équipe de transition peut-elle rivaliser avec les Espagne, France et Angleterre ?
Le Maroc complète ce palier à 35.00. Les Lions de l’Atlas ont prouvé en 2022 qu’ils n’étaient pas un feu de paille — la qualification pour les demi-finales, avec des victoires contre la Belgique, l’Espagne et le Portugal, reste l’un des exploits les plus remarquables de l’histoire du football africain. Le Groupe C avec le Brésil est un test immédiat et impitoyable, mais c’est exactement le type de défi que ce Maroc sait relever.
Le Ventre Mou — Tier 3
Le « ventre mou » d’une Coupe du Monde est un terme que je n’aime pas — il suggère la médiocrité alors que ces équipes de la Coupe du Monde 2026 sont tout sauf médiocres. Ce sont des sélections capables de battre n’importe qui sur un match, mais dont le parcours en phase à élimination directe dépend largement du tirage et de la forme du moment. Leurs cotes, entre 40.00 et 100.00, reflètent cette ambiguïté.
Le Sénégal, champion d’Afrique en 2022 et quart-finaliste en 2002, est l’équipe africaine la plus expérimentée de ce Mondial après le Maroc. Placé dans le Groupe I avec la France et la Norvège, le Sénégal a un tirage difficile mais dispose d’un effectif compétitif autour de Sadio Mané et d’une nouvelle génération de joueurs évoluant en Europe. La qualification est jouable — la troisième place suffit pour atteindre les seizièmes de finale — et le Sénégal a la discipline tactique pour survivre dans un groupe relevé.
La Corée du Sud, dans le Groupe A avec le Mexique, est une équipe qui monte en puissance depuis la demi-finale de 2002. Heung-min Son reste la figure de proue, et le football sud-coréen a produit une génération de milieux de terrain techniques qui évoluent dans les meilleurs championnats européens. La cote de qualification (1.45) est réaliste — la Corée du Sud est un adversaire que le Mexique ne prendra pas à la légère.
Le Japon est l’équipe asiatique la plus régulière des dernières Coupes du Monde — huitièmes de finale en 2022 après des victoires contre l’Allemagne et l’Espagne en poule. Dans le Groupe F avec les Pays-Bas, la Suède et la Tunisie, le Japon est un concurrent sérieux pour la première place. Leur football est organisé, rapide, avec des transitions offensives dévastatrices. La cote de 60.00 pour le titre semble élevée ; la cote pour atteindre les quarts (5.00) est le marché intéressant.
L’Uruguay, dans le Groupe H avec l’Espagne, est une nation de tournoi par excellence. Deux fois championne du monde (1930, 1950), la Celeste possède un ADN compétitif qui transcende les générations. Darwin Núñez et Federico Valverde sont les leaders de cette équipe, et l’expérience de Luis Suárez en staff technique apporte une dimension émotionnelle. La cote de qualification à 1.55 est correcte — l’Uruguay sortira probablement du groupe, mais la première place sera disputée avec l’Espagne.
La Suisse, la Colombie, l’Autriche, la Norvège et la Turquie complètent ce palier d’équipes de la Coupe du Monde 2026 capables de créer des surprises. La Suisse est un modèle de régularité (quart de finaliste en 2024), la Colombie possède un collectif offensif séduisant, l’Autriche a impressionné à l’Euro 2024, la Norvège a Haaland, et la Turquie — qualifiée via les barrages — est l’équipe imprévisible par excellence, capable du meilleur comme du pire dans un même match.

Les Petits Poucets — Débutants et Revenants
La dernière fois que le Curaçao a fait parler de lui dans le football mondial, c’était pour avoir qualifié ses joueurs via une règle de naturalisation créative. Cette fois, l’île néerlandaise des Caraïbes a gagné sa place au Mondial 2026 sur le terrain, à travers les qualifications CONCACAF. Pour les 180 000 habitants du Curaçao, c’est un événement de portée historique — et pour les parieurs, c’est un rappel que la Coupe du Monde 2026, avec son format élargi à 48 équipes, accueille des nations dont le budget annuel de la fédération est inférieur au salaire hebdomadaire de certains joueurs adverses.
Haïti revient en Coupe du Monde après 52 ans d’absence — la dernière participation remonte à 1974 en Allemagne de l’Ouest, où les Haïtiens avaient perdu leurs trois matchs. Dans le Groupe C avec le Brésil, le Maroc et l’Écosse, les chances de qualification sont minces sur le papier, mais chaque point gagné sera célébré comme une victoire. Le football haïtien a été décimé par les crises politiques et économiques, et la simple présence de cette équipe au Mondial 2026 est un triomphe de la résilience.
Le Cap-Vert, archipel de 600 000 habitants au large du Sénégal, participe à sa première Coupe du Monde. Placé dans le Groupe H avec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, le Cap-Vert fait face à des adversaires d’un calibre supérieur — mais les capverdiens ont prouvé dans les qualifications CAF qu’ils savaient défendre en bloc et exploiter les transitions. Un but marqué contre l’Espagne serait déjà une victoire symbolique pour cette nation insulaire.
La Jordanie, présente pour la première fois au Mondial, a conquis sa place via les qualifications AFC — une performance remarquable pour une fédération qui n’avait jamais franchi les barrages intercontinentaux. Dans le Groupe J avec l’Argentine, l’Algérie et l’Autriche, la Jordanie sera outsider dans chaque match. Mais la demi-finale de la Coupe d’Asie 2024 a montré que cette équipe possède une structure défensive solide et un mental à toute épreuve.
L’Ouzbékistan, finaliste de la Coupe d’Asie 2024 et participant au Mondial pour la première fois, est dans le Groupe K avec le Portugal et la Colombie. C’est un tirage exigeant, mais les Ouzbeks ont montré dans les qualifications asiatiques qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures équipes de la confédération. Le joueur clé est le milieu offensif qui évolue en Serie A — un profil technique inhabituel pour une équipe d’Asie centrale.
La Nouvelle-Zélande revient au Mondial après 16 ans d’absence — la dernière participation, en 2010 en Afrique du Sud, avait vu les All Whites terminer avec 3 matchs nuls en phase de groupes, invaincus mais éliminés. Cette fois, dans le Groupe G de la Belgique, la Nouvelle-Zélande bénéficie de la place qualificative directe attribuée à l’OFC pour la première fois — un changement historique qui donne aux nations océaniennes un accès direct à la phase finale. La cote de qualification à 8.00 est élevée mais pas absurde : dans un format où les meilleurs troisièmes passent, un match nul et une victoire surprise suffiraient.
La Bosnie-Herzégovine, qualifiée via les barrages européens, la RD Congo, le Paraguay et Panama sont d’autres équipes de la Coupe du Monde 2026 qui n’entrent pas dans les catégories précédentes mais qui méritent attention. La Bosnie n’a participé qu’à un seul Mondial (2014) mais possède des joueurs de qualité en championnat turc et italien. La RD Congo fait son retour après 48 ans d’absence. Panama, présent en 2018, apporte l’expérience de deux Coupes du Monde récentes et la passion de son public.
La Belgique dans l’Échiquier Mondial
Où situer les Diables Rouges parmi les 48 équipes de la Coupe du Monde 2026 ? C’est la question que chaque supporter belge se pose, et la réponse honnête est inconfortable : quelque part entre le Tier 2 et le Tier 3, selon les jours et les compositions d’équipe. La Belgique n’est plus le numéro 1 mondial qu’elle était entre 2018 et 2021, mais elle n’est pas non plus un outsider sans ambition.
Rudi Garcia, arrivé en 2025 pour succéder à Domenico Tedesco, a fait un choix clair : intégrer la jeunesse sans sacrifier l’expérience. La sélection de mars 2026 pour le stage américain — 28 joueurs avec De Bruyne, Lukaku et Doku de retour de blessure, plus les novices Nathan De Cat (17 ans, Anderlecht), Mika Godts (Ajax) et Lucas Stassin (Saint-Étienne) — illustre cette philosophie de transition. Le forfait probable de Thibaut Courtois pour le début du Mondial est un coup dur — le gardien du Real Madrid est irremplaçable — mais le poste de gardien belge dispose de remplaçants compétents.
Le Groupe G — Belgique, Égypte, Iran, Nouvelle-Zélande — est le type de tirage que les Diables Rouges auraient commandé s’ils avaient pu choisir. Pas de grand favori en embuscade, un adversaire dangereux (l’Égypte de Salah) mais battable, et deux équipes (Iran et Nouvelle-Zélande) contre lesquelles une victoire est attendue. Le calendrier est moins favorable : le premier match contre l’Égypte se joue à Seattle (21h heure belge), le deuxième contre l’Iran à Los Angeles (21h heure belge), et le troisième contre la Nouvelle-Zélande à Vancouver (5h du matin heure belge). Les voyages entre la côte Ouest américaine et la côte Est — si la Belgique se qualifie pour un seizième de finale sur la côte Est — ajouteront une contrainte physique non négligeable.
Le scénario optimiste pour les équipes de la Coupe du Monde 2026 comme la Belgique : première du Groupe G, seizième de finale contre un troisième d’un autre groupe (potentiellement une équipe du Groupe C ou D), huitième de finale ouvert, quart de finale contre un Tier 1. Le parcours s’arrêterait probablement en quart ou en demi-finale face à une Espagne ou une France. Le scénario pessimiste : une défaite contre l’Égypte en ouverture, un match laborieux contre l’Iran, et une qualification en tant que deuxième ou troisième qui mène à un seizième de finale piégé contre un premier de groupe redoutable.
Mon estimation : la Belgique sortira du Groupe G avec une probabilité supérieure à 85 %, mais les chances d’atteindre les demi-finales sont autour de 10-12 %. La cote de 25.00 pour le titre est cohérente avec ce profil — pas de la valeur flagrante, mais pas non plus un prix absurde. Pour les parieurs belges, les marchés les plus intéressants sur les Diables Rouges sont les paris par match en phase de groupes (victoire contre l’Iran et la Nouvelle-Zélande) et le marché « atteindre les quarts de finale » (cote autour de 3.50), qui offre un rendement raisonnable pour une probabilité estimée à environ 35 %.
Un dernier mot sur la dynamique de vestiaire. Rudi Garcia a une réputation de gestionnaire d’ego — son passage à Marseille et à Lyon l’a préparé à naviguer entre les vétérans qui jouent leur dernier tournoi et les jeunes qui veulent se faire un nom. De Bruyne et Lukaku savent que ce sera probablement leur dernière Coupe du Monde ; Doku, Openda et De Cat savent que c’est peut-être leur première. La tension entre ces deux temporalités peut être une force — le mélange d’urgence et d’insouciance — ou une faiblesse si le vestiaire se fragmente après un mauvais résultat. C’est le facteur que les cotes ne peuvent pas capturer, et c’est pour ça que le football reste imprévisible.
Tableau Comparatif — Cotes, Classement FIFA et Parcours de Qualification
J’aurais pu vous proposer un simple tableau avec 48 lignes et cinq colonnes, mais un tableau sans contexte ne vaut pas grand-chose. Ce qui m’intéresse dans la comparaison des 48 équipes de la Coupe du Monde 2026, ce sont les décalages — les moments où le classement FIFA dit une chose, les cotes du marché en disent une autre, et le parcours de qualification raconte une troisième histoire.
Prenons l’exemple le plus frappant : la Norvège. Classement FIFA autour de la 25e place — honorable mais pas impressionnant. Cote vainqueur à 50.00 — un outsider lointain. Parcours de qualification : vainqueur de son groupe avec 7 victoires en 10 matchs, dont une victoire 7-0 contre l’Italie qui a sidéré toute l’Europe. Le marché sous-estime-t-il la Norvège ? Avec Erling Haaland et Martin Odegaard, cette équipe a deux joueurs parmi les 20 meilleurs du monde. Le classement FIFA et les cotes n’ont pas encore rattrapé la réalité de cette sélection.
À l’inverse, considérons le Paraguay. Classement FIFA autour de la 40e place, cote autour de 150.00, parcours de qualification en CONMEBOL difficile — le Paraguay a terminé sixième, qualifié de justesse. Les trois indicateurs convergent : c’est une équipe qui sera compétitive en phase de groupes mais dont le plafond est probablement les seizièmes de finale. Quand le classement, les cotes et les qualifications racontent la même histoire, il n’y a pas de valeur cachée.
Les plus grands décalages entre classement FIFA et cotes du marché se trouvent chez les équipes hôtes. Les États-Unis, classés autour de la 15e place, sont cotés à environ 18.00 — une cote plus basse que leur classement ne le suggérerait, parce que le marché intègre l’avantage du terrain (11 stades sur 16 aux États-Unis) et le soutien populaire massif. Le Mexique, classement similaire, est coté à 40.00 — une cote plus élevée, parce que le Mexique ne joue que 3 matchs de groupe dans ses propres stades (Estadio Azteca, Estadio BBVA, Estadio Akron) et les matchs à élimination directe se dérouleront principalement aux États-Unis.
La répartition par confédération des 48 équipes de la Coupe du Monde 2026 est aussi révélatrice. L’UEFA domine avec 16 équipes qualifiées, la CAF en envoie 9, la CONMEBOL et la CONCACAF 6 à 8 chacune, l’AFC 8, et l’OFC 1 (la Nouvelle-Zélande, pour la première place qualificative directe de l’histoire de la confédération océanienne). Sur les 22 dernières Coupes du Monde, 18 ont été remportées par une équipe européenne ou sud-américaine. Les cotes du marché pour le Mondial 2026 reflètent cette domination historique : les cinq favoris sont tous européens ou sud-américains, et la meilleure cote pour une équipe d’une autre confédération est le Japon à 60.00.

Mais l’histoire est faite pour être brisée, et le format à 48 équipes augmente mécaniquement les chances d’une surprise majeure. Avec 32 équipes en seizièmes de finale au lieu de 16 en huitièmes dans l’ancien format, le chemin vers les quarts est plus long mais plus accessible pour les nations en développement. Un tirage favorable en seizièmes — un premier de groupe moyen contre un troisième qualifié — pourrait propulser un Maroc, un Japon ou un Sénégal en quart de finale, voire au-delà. C’est la promesse — et le risque — de cette Coupe du Monde 2026 élargie.
Le dernier indicateur que je surveille dans cette comparaison des 48 équipes de la Coupe du Monde 2026, c’est l’âge moyen de chaque sélection. Les équipes les plus jeunes — Espagne, Allemagne, Angleterre, avec des âges moyens autour de 25-26 ans — disposent de l’énergie nécessaire pour enchaîner 8 matchs en 39 jours, un défi physique inédit dans l’histoire de la compétition. Les équipes plus âgées — Croatie, Argentine, Portugal, avec des cadres de 35 ans et plus — apportent l’expérience et le sang-froid dans les moments décisifs, mais risquent l’usure si le tournoi s’étire. La Belgique, avec un âge moyen de 26 ans et un mélange de vétérans trentenaires et de débutants de 17 à 20 ans, se situe dans une zone intermédiaire qui pourrait être un atout si Garcia trouve le bon équilibre de rotation.
Les 48 équipes de la Coupe du Monde 2026 forment le plateau le plus diversifié de l’histoire du football. Du Curaçao et ses 180 000 habitants à l’Espagne championne d’Europe, de la Nouvelle-Zélande qui revient après 16 ans au Brésil qui court après un sixième titre, chaque sélection apporte une histoire, une ambition et un style de jeu qui enrichira ce Mondial. Pour les parieurs belges, la lecture de ce plateau est essentielle : connaître les forces et les faiblesses de chaque adversaire potentiel, comprendre les dynamiques de groupe et identifier les décalages entre la réputation d’une équipe et sa valeur réelle — c’est ça qui sépare un pari éclairé d’un coup de dés.
Les Diables Rouges entrent dans ce Mondial avec un mélange d’espoir et de réalisme. La Belgique n’est plus la première au classement FIFA, mais elle possède l’expérience des grands tournois et un effectif en pleine reconstruction sous Rudi Garcia. Du 11 juin à Seattle pour le match d’ouverture contre l’Égypte au 19 juillet pour une hypothétique finale au MetLife Stadium, le chemin sera long et parsemé d’obstacles. Mais c’est précisément pour ça qu’on regarde le football — et qu’on parie dessus.